Rafael Obligado,
petit village de la province de Buenos Aires a pour
caractéristique d'avoir accueilli il y a tout juste 26 ans
notre petit barbu. L'Argentine, pays où le foot est plus
qu'un simple sport, une institution pour la plupart, est le pays
d'origine de Licha. Cette passion, Lisandro l'acquiert très
vite. Il fait ses gammes comme beaucoup de gamins à la
récré avec les copains et dans le quartier après
l'école. Le garçon est doué, ça se voit et après un court
passage au Jorge Newberry il rejoint le Racing Club. Tout
s'enchaine ensuite très vite, des débuts en 2003 à l'âge de 20
ans, 26 buts claqués entre 2003 et 2005 pour le Racing et
les premiers recruteurs qui s'amassent dans les travées
du stade du Racing. Lisandro est fin prêt à quitter sa terre
natale et c'est finalement le FC Porto grâce à son armada de
"scoots" en Am Sud qui rafle la mise pour quelques 2.5 millions
d'euros. Licha s'envole pour l'Europe et la deuxième plus grande
ville du Portugal, Porto. Ce changement brutal, l'ex joueur du
Racing a du mal à l'assimiler. L'adaptation est difficile et
ses deux premières saisons sont mitigées : Sous les couleurs bleu
et blanche, Lisandro score 8 fois la première année puis 11 la
seconde. Les supporteurs du Estadio do dragao s'impatientent,
l'entraineur également et Lisandro réussit à faire taire les
sceptiques en réalisant un exercice 2007-2008 du feu de Dieu
avec notamment 27 réalisations en 35 matchs toutes
compétitions confondues. La saison suivante n'est que confirmation
de son talent car malgré un ratio but/ match moins impressionnant
il se révèle d'un formidable altruisme en distillant pas moins de
14 caviars à ses coéquipiers tout au long de la saison (le
surnommer l'esturgeon serrait trop facile). Lisandro se fait un nom
en Europe et le temps d'un nouveau départ semble venu. Les
convoitises ne manquent pas et ce n'est sans une certaine surprise
que l'ex chouchou du FC Porto s'engage en faveur de
l'Olympique Lyonnais pendant l'intersaison. Quelques mois plus tard
il est déjà adulé par les supporteurs rhodaniens et est considéré
comme le meilleur joueur de L1.
L'attaquant
moderne
Lisandro est
avant tout un attaquant racé. Pas très grand, 1m74, il dispose
néanmoins d'un formidable jeu de tête grâce à une détente verticale
de basketteur et un super timing. Balle au pied, l'argentin
est exceptionnel. Il sait tout faire : conservation du
ballon, dribbles, remises, frappe de balle, jeu des deux
pieds... Comme il le dit, c'est un attaquant
polyvalent "Je me sens à
l'aise dans toutes les positions offensives même si je n'ai jamais
caché que je préférais occuper le rôle de numéro
9". Sa pointe de vitesse est plutôt
intéressante ce qui lui permet parfois de dézoner et aller jusqu'à
déborder. Son sens du but est indéniable, à l'instar
d'un Inzaghi, il sent le jeu. En duel en un contre un face au
goal il fait partie de ces attaquants ultra efficaces à l'image
d'un Véronal. Besogneux, il ne rechigne pas à aller effectuer
un pressing constant sur les défenseurs tout au long d'un match
comme peut le faire un Rooney. Les compliments pleuvent de la
part de ses coéquipiers comme le déclare Cris
"C'est un guerrier, un
matador, il court partout, c'est un grand buteur et, en plus, il
nous aide à bien défendre". Un mélange de Ronaldo,
Inzaghi et Rooney voilà quel type de joueur est
Lisandro.
"Je
ne suis pas une star "
C'est
l'anti-star. A l'inverse de certains qui passent leur temps
libre a fréquenter les boites de la ville, Licha préfère
rester tranquillement chez lui. Réservé, discret dans les
médias l'argentin l'explique par son caractère
"C'est une question
personnelle. Sauf obligation, je préfère ne pas m'exprimer. Est-ce
de la timidité ? "Peut-être, je ne me sens pas à l'aise quand je
parle en public". Fausse modestie? Non je ne crois pas
car Lisandro semble loin du foot business d'aujourd'hui , lui son
truc c'est le jeu avant tout. Partenaire exemplaire, Lisandro est
un grand professionnel et un modèle pour les jeunes de l'équipe
dans laquelle il évolue. Quand on lui demande quels sont ses
objectifs personnels et s'il ambitionne de marquer un certain
nombre de buts le natif de Buenos Aires préfère parler de
l'équipe encore une fois : "Non, je ne me suis pas fixé un nombre de
buts. Je veux juste faire de mon mieux, travailler et gagner des
titres. Voilà, gagner des titres, c'est mon objectif
personnel". Dans un milieu très
individualiste Lisandro y va à contre courant et ça fait
du bien. Simple, discret, modeste, talentueux, collectif,
battant...les adjectifs ne manquent pas pour caractériser ce
personnage atypique. Tout simplement merci d'être comme tu es
Mr Lisandro Lopez.
C.G